Le Percnoptère ou Vautour percnoptère – Neophron percnopterus

Le Percnoptère ou Vautour percnoptère – Neophron percnopterus

Cet oiseau  est devenu l’emblème de notre groupe.

Les premiers travaux de Jacques Carlon (fondateur du G.E.O.B. et de la Marie-Blanque) remontent à 1980 mais firent suite à ceux de Bernard Braillon commencé en 1959.

L’étude du petit Vautour blanc n’a jamais été interrompu et elle fait toujours partie de nos priorités.  Le GEOB est acteur dans le « plan de restauration national » mis en place en 2002.

Observation du vautour percnoptère

 Neophron percnopterus

BILAN 2018 du suivi de la population dans les PYRENEES FRANCAISES

Erick KOBIERZYCKI : Coordination Réseau Percnoptère Pyrénées Coordination nationale Programme de baguage Percnoptère

Introduction Bilan Pyrénées :    

Le bilan du suivi de la population Pyrénées et National 2018 sera plus synthétique cette année, en effet le bilan des programmes de baguage et suivis télémétriques, le bilan du suivi de la reproduction Sud-Est ont été transmis en début d’année 2019 et apportent déjà un nombre conséquent d’informations.

Ce bilan fait le focus sur le noyau de population pyrénéenne et établit les diverses tendances tant sur ce massif qu’au niveau national.

Dans les Pyrénées, un réseau d’au moins 150 observateurs ou contributeurs participe à la connaissance du noyau de population pyrénéenne du Vautour percnoptère. Depuis près de 20 ans, il procède chaque année au suivi de l’espèce, et il participe aux différentes opérations de conservation, et de sensibilisation des divers publics. En outre, le programme de baguage soutenu par un nombre croissant d’opérateurs se poursuit.

En 2018, sur un peu plus d’une centaine de secteurs connus, 102 secteurs ont été contrôlés sur l’ensemble du versant Nord de la chaîne pyrénéenne (quelques anciens sites ne sont pas suivis spécifiquement mais suffisamment fréquentés par les observateurs (contrôle d’autres espèces), si la présence d’un couple territorial était effective, il serait très probablement détecté).

69 couples territoriaux sont recensés. 59 couples reproducteurs ont produit 36 jeunes à l’envol. Après une année 2017 particulièrement favorable, la saison de reproduction 2018 l’a été nettement moins. Les valeurs de la productivité et du succès de reproduction sont particulièrement faibles et parmi les plus basses des 20 dernières années. Parmi les reproducteurs, seulement, 35 couples ont produit au moins un jeune à l’envol ; contrairement à l’année précédente, le nombre d’échecs important n’est pas ‘’compensé’’ par taux d’envol suffisant, un seul couple ayant donnée deux jeunes à l’envol.

1.            Liste des sites et des organismes.

Les conventions de codage et la cartographie sont rappelés en annexe 4 du document ‘’ Bilan du programme de baguage – Suivis télémétriques du Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) en France – Bilan 2018)

En 2018, le réseau de suivi technique pyrénéen est composé des organismes suivants :

  • SAIAK
  • Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (Brigades départementales Haute- Garonne et Pyrénées-Atlantiques)
  • Ligue pour la Protection des Oiseaux (Délégation Aquitaine groupe Pyrénées – Atlantiques)
  • Groupe d’Etudes Ornithologiques Béarnais
  • Parc National des Pyrénées (secteurs Aspe, Ossau, Val d’Azun, Cauterets, Luz, Aure)
  • Réserve Naturelle Régionale du Pibeste
  • Nature en Occitanie (nouveau nom de l’association ex Nature-Midi-Pyrénées)
  • Pays de l’Ours – Adet
  • Office National des Forêts
  • Association des Naturalistes de l’Ariège
  • Ligue pour la Protection des Oiseaux (Délégation Aude).
  • Groupe Ornithologique du Roussillon
  • Fédération des Réserves Naturelles Catalanes
  • Hegalaldia

Des données de naturalistes indépendants ou appartenant à d’autres structures complètent le bilan des connaissances.

Les secteurs sont sous la responsabilité d’un coordinateur local, il se charge de la distribution des sites auprès des bénévoles ou salariés de l’organisme et du respect méthodologique (fréquence des visites, utilisation des outils de rendu transmission des données au coordinateur massif …)

Liste des coordinateurs :

Pays Basque :              Isabelle REBOURS (SAIAK)

Béarn Barétous :          Erick KOBIERZYCKI (Nature en Occitanie)

Les responsables secteurs et rapaces du Parc National des Pyrénées

Hautes-Pyrénées & Haute-Garonne Ouest :

Paz COSTA, Sophie MAILLE et Patrick HARLE (Nature en Occitanie)

Ariège et Haute-Garonne Est :

Sylvain FREMAUX (Nature en Occitanie)

Julien VERGNE (Association Naturalistes de l’Ariège) Adrien DEROUSSEAU (Pays de l’Ours Adet)

Aude :                             Yves ROULLAUD (LPO Aude)

Pyrénées-Orientales : Fabien GILOT (Groupe Ornithologique du Roussillon)

Olivier GUARDIOLE (Fédération des Réserves Catalanes) Quelques organismes transmettent directement les données au coordinateur massif. :

ONCFS 64       :          Stéphane DUCHATEAU

GEOB  :      Henri SERISE

Réserve Naturelle Régionale du Pibeste : Damien LAPIERRE ONCFS 31       :           Julien Franot

ONF – réseau avifaune national : Patrick HARLE

2.                  Bilan 2018 de la reproduction.

  • Site Par Site.
  RESULTATS 2018  Pays Basque (64)   Rappel
2017
1B Territoire vacant V    
1C Territoire vacant V    
1D Couple territorial R 0 e
1E Territoire vacant V    
1F Territoire vacant C    
1G Territoire vacant   V    
1H Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
1I Couple territorial   R 1  
1Q Territoire vacant V    
2A Couple Reproducteur, Echec en période d’élevage R 1  
2B Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation ou d’élevage R 1  
2C Couple territorial R 1  
2D Territoire vacant V    
2E Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 e
2F Territoire vacant V    
2G Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 ee
2H Territoire vacant C    
2I Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
3A Couple territorial R 1  
3B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
3C Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation ou d’élevage R 1  
3E Territoire vacant ?    
3P Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation ou d’élevage R 1  
3F Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
3G Site non suivi probablement vacant V    
3H Territoire vacant V    
3I Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation ou d’élevage R ?  
       
  RESULTATS 2018 Béarn-Barétous (64)   Rappel 2017
4A Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
4D Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
4C Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
4B _ Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
4Best Territoire vacant R 0 ei
5A Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation ou d’élevage R 1  
5B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
5L Couple Reproducteur, Echec en période d’élevage R 0 ee
5C Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 2  
5D Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé C    
5E Territoire vacant R 0 ee
5F Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
5G Territoire vacant V    
5H Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation V    
5I Territoire vacant V    
5J Couple territorial R 1  
5K Site non suivi probablement vacant V    
5M Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
6A Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé   R 1  
6B Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
6C Territoire vacant   V    
6E Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 0 ei
6F Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
6G Territoire vacant V    
6H Territoire vacant V    
6I Couple Reproducteur, Echec en période d’élevage R 0 ee?
6J Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation V    
7A Couple territorial C    
7D Couple territorial R 1  
       
  RESULTATS 2018 Hautes-Pyrénées (65)   Rappel 2017
7F Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
7B Territoire vacant R 1  
7G Nord Couple territorial R 2  
7E Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
7G Sud Territoire vacant V    
7H Couple territorial R 0 ei
7K Couple Reproducteur, 2 jeunes élevés      
8A Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 2  
8B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 2  
8C Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
8E Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
8F Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
8G Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
9B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 ee
9C Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 ei
       
  RESULTATS 2018 Haute-Garonne (31)   Rappel 2017
9E Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 ei
 9Q   Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé   R   2  
9R Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé C    
9S Couple Reproducteur, Absence d’observation du jeune, échec possible R 2  
9F Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
 
  RESULTATS 2018 Ariège (09)   Rappel 2017
9A Couple Reproducteur, Echec en période d’élevage R 0 ee
10A Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 2  
10B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 e?
10C Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé C    
10D Territoire vacant V    
10E Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé   R 1  
10F Couple Reproducteur, Echec en période d’incubation R 1  
10I Territoire vacant V    
10G Couple Reproducteur, Echec probable   R 1  
10H Couple Reproducteur, suivi estival trop lâche pour conclure à l’envol R ?  
       
  RESULTATS 2018 Aude (11)   Rappel 2017
11A Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 2  
11B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 2  
  11C   Territoire vacant   V    
11D Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  
11E Territoire vacant V    
11F Trio Reproducteur, 1 Jeune élevé R 0 ee
11G Présence d’individus mais probablement ceux du nouveau site 11H R 0 e
11H Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé      
 
  RESULTATS 2018 Pyrénées-Orientales (66)   Rappel 2017
12A Couple territorial R 2  
12B Couple Reproducteur, 1 Jeune élevé R 1  

Changement => aire connue Nouvelle aire

Nouveau site

Dans la colonne de droite, le statut 2016 est rappelé pour information avec les codes suivants :

/ : Absence de données ou non contrôlé V : Site vacant

C : Couple ou trio territorial

R : Reproducteur avec 0, 1 ou 2 jeunes

2.2         Tableau récapitulatif.

Le bilan de la reproduction est présenté sous la forme d’un tableau récapitulatif par département.

Pour le département des Pyrénées-Atlantiques où est présente la majorité des couples territoriaux (52 %  du massif), le cumul détaillé par pays est précisé (avec une plus forte densité sur la partie orientale du département – ratio des couples territoriaux 41% Pays basque – 59% Béarn – Barétous).

Un secteur s’entend comme une zone où existe un couple reproducteur régulier ou ponctuel, mais aussi une zone où des adultes ont été régulièrement présents durant au moins une saison.

Au moins deux secteurs en Pays basque ont l’aire sur le versant espagnol en limite frontalière et n’apparaissent pas dans les cumuls.

2018 Nombre Secteurs
contrôlés
Nombre couples recensés Nombre
Couples Reproduc teurs
Nombre Couples Produc
teurs
Nombre Jeunes à l’envol
Pays Basque 27 15 11 6 6
Béarn Barétous 37 21 18 7 7
Pyrénées- Atlantiques 64 36 29 13 13
Hautes Pyrénées 15 13 11 8 9
Haute Garonne 5 5 5 4 4
Ariège 10 8 8 4 4
Aude 8 5 5 5 5
Pyrénées Orientales 2 2 1 1 1
  104 69 59 35 36

fig.1     Représentation graphique : couples territoriaux et producteurs

2.3        Paramètres de reproduction.

Comme chaque année, nous nous limiterons à quelques paramètres de reproduction.

La productivité est le rapport du nombre de jeunes à l’envol sur le nombre de couples territoriaux contrôlés.

Le succès de reproduction est le rapport du nombre de jeunes à l’envol sur le nombre de couples pondeurs)

Le taux d’envol est le rapport du nombre de jeunes à l’envol sur le nombre de couples producteurs.

Productivité : 0,52
Succès Reproduction : 0,61
Taux d’envol : 1,03

2.4        Quelques dates périodes – clé de la phénologie de reproduction.

Première date d’observation d’un oiseau 21 février (piémont ariégeois) 23 février (Dortoir D1) 26 février ( site 2B)
Dernière date d’observation d’un oiseau Jeune : 11 Septembre (7K) Immature : 24 Septembre (dortoir D2) Adulte : 10 Septembre (4B)
Premières parades observées 24 Mars (9E) – Peu de données collectées
Dernières parades observées 09 Avril (9S) – Peu de données collectées
Première date d’accouplement observé 19 Mars (9A)
Dernière date d’accouplement observé 20 Avril (6A) couple ayant eu 1 jeune à l’envol 10 mai (2C) couple non reproducteur 07 Juillet (9R) couple reproducteur (tentative du male)
Première date de couvaison observée 29 Mars (7E) avec 1 jeune à l’envol 05 Avril (4A) couple ayant échoué en période d’incubation
Dernière date de couvaison observée 25 Juin (12B) reproducteur avec un jeune à l’envol 20 Juin (7F) reproducteur ayant échoué en période d’incubation
Première date d’envol d’un jeune 23 Juillet (6F)
Dernière date d’envol d’un jeune 08 Septembre (8A) 12 Septembre (9F)
  •  Utilisation d’aires et sites nouveaux.

Sept couples reproducteurs ont construit une nouvelle aire :

Soit 2A, 2E, 5A, 5L, 8C, 9R, 9F donc 12% du total des reproducteurs. Parmi ceux-ci, trois ont donné un jeune à l’envol.  5A & 9F avaient déjà utilisé une nouvelle aire l’année précédente et avaient réussi leur reproduction.

.                Sept autres ont changé d’aire (2G, 4B, 8F, 8G, 9B,10E et 11B) soit 12% et tous ont produit un jeune à l’envol.

Au cumul des changements d’aire et des nouvelles aires, la proportion n’évolue guère. Un quart des couples reproducteurs est concerné par ces modifications.

En 2018, deux nouveaux sites ont été découverts (7K, 11H).

Le nouveau site découvert à proximité de Lourdes (7K) est très probablement un déplacement d’un des couples de la Réserve Naturelle Régionale (7B) vers ce secteur (distant d’environ 2 kms)

11H est le 8ème site connu de l’Aude, avec 3 sites vacants, le nombre de couples dans ce département (5) reste probablement le même. Ce site a été découvert tardivement, fin août avec un

jeune volant. On peut s’interroger sur un déplacement des adultes observés en début de saison sur le site 11G vers ce nouveau site ( distance > 20 kms).

3.               Analyse des résultats.

  • Rappel de la méthode.

L’ensemble des données est collecté selon un protocole standard, sur des fiches utilisées par une grande majorité des observateurs pyrénéens. En 2019, la saisie sera réalisée sur un portail WEB, géré par la DREAL nouvelle Aquitaine. En 2018, à minima, 912 visites de terrain ont été rapportées.

Le protocole précise les périodes du cycle de reproduction pendant lesquelles les observateurs doivent effectuer leur visite des sites, les informations à collecter sur des fiches standardisées… Il demande une pression d’observation importante en début de saison pour s’assurer de la présence des oiseaux, une autre pour s’assurer du succès de l’éclosion et un effort particulier en fin de saison pour contrôler l’envol des juvéniles.

On aura considéré pour cela que tout jeune observé exerçant ses ailes ou nourri à partir de la dernière décade de juillet a une forte probabilité à l’envol. Bien sûr, le risque d’interprétation erronée n’est pas nul (car une mortalité peu de temps avant l’envol ou lors du premier vol est toujours possible).

3.2   Analyse.

  • Répartition géographique.

La répartition du nombre de couples territoriaux (fig.2 et fig.2b) a varié au cours des années, essentiellement liée un accroissement du nombre de couples territoriaux sur les parties centrale et orientale du massif des Pyrénées, alors que la tendance est plutôt négative dans la partie occidentale, qui reste cependant la plus dense (en 2018, moins deux couples dans les Pyrénées-Atlantiques par rapport à l’année précédente). La tendance baissière sur ce département semble plutôt se confirmer,

Durant les cinq années précédentes, le nombre de sites vacants dans les Pyrénées- Atlantiques a augmenté (perte de 9 couples territoriaux de 2013 (n=45) à 2018 (n=36), Le nombre de territoires est stable dans les Hautes-Pyrénées (13).

Dans certains cas, on ne peut totalement écarter l’hypothèse de couples ayant investi un nouveau secteur non prospecté (passage transfrontalier ou autre déplacement conséquent en distance)

fig.2 Répartition des couples recensés par département en 2018

fig.2b Evolution des tendances entre les parties occidentale et centrale/orientale du Massif

3.2.2         Paramètres de reproduction .

En 2018, les paramètres de reproduction sont très faibles. Avec 69 couples territoriaux sur l’ensemble du Massif et seulement 36 jeunes à l’envol, ils sont dans les plus mauvaises années depuis 20 ans (productivité 0,52 identique en 2013 et 2009)

Après 3 années très défavorables avec moins de 60 couples reproducteurs, un rebond 2017 avec un nombre fort de reproducteurs (65) et un taux d’envol exceptionnel (10 double-envols), la saison 2018 apporte des résultats plutôt médiocres.

Sur une période de 20 ans, les paramètres de reproduction sont plutôt à la baisse dans le Massif des Pyrénées et significativement inférieurs à ceux enregistrés dans l’autre noyau de population française. (fig.5 & fig.6)

  PYRENEES Paramètres 1980–1990 (B. Braillon) Paramètres 1999–2018 (EK) Paramètres 2018             (EK)
Productivité 0,77 (n=117) 0,68 ET=0,10                           (n=1291)   0,52            (n=69)  
Succès de reproduction 1,05 0,81 ET=0,11                           (n=1083)   0,61            (n=59)  
Taux d’envol 1,21 1,10 ET=0,06                           (n=796)   1,03            (n=36)  

Dans les Pyrénées, en 2018, le nombre de jeunes à l’envol (n=36) est largement au-dessous de la moyenne 1999-2017 (44,0 – Ecart type : 6,9).

Le nombre de couples recensés (n=69) est légèrement en dessous de la moyenne des années 2010-2017 (70,4), après une année 2016 (perte de 5 couples en moins) étonnamment basse (vacance dans plusieurs sites des Pyrénées-Atlantiques). Malgré la baisse constatée de 2013 à 2016 (73 – 71 – 67), on peut certainement parler de stabilité des effectifs (fig.3).

Le nombre de couples reproducteurs (n=59) a rebondi en 2016 et 2017 puis repart légèrement à la baisse (fig.3).

La productivité (0.52) s’écroule (largement inférieure à la moyenne des années 1999-2017 : 0,69 ET=0,09)       Parmi les 59 couples reproducteurs, 35 furent producteurs d’au moins un jeune à l’envol (n=36). Le succès de reproduction (0,61) est également très en dessous de la moyenne de la période considérée (0,82 ET=0,10)

Le taux d’envol particulièrement faible dans les Pyrénées, au regard d’autres zones de reproduction a une valeur quasi plancher (1,03). Un seul couple a mené 2 jeunes à l’envol.

En résumé, pour une vue synthétique sur l’ensemble des couples reproducteurs, la répartition géographique des échecs est la suivante, et permet de donner les succès de reproduction (Sr) suivants par département et ainsi pointer les disparités :

Pyrénées-Atlantiques 16 échecs Sr64 = 0,45 (n=29 reproducteurs)
Hautes-Pyrénées 3 échecs Sr65 = 0,69 (n=11)
Haute-Garonne 1 échec Sr31 = 0,80 (n=4)
Ariège 4 échecs Sr09 = 0,50 (n=8)
Aude 0 échecs Sr11 = 1,00 (n=5)
Pyrénées-Orientales 0 échec Sr66 = 1,00 (n=1)

En conclusion, la reproduction 2018 du noyau de population nord-pyrénéen plutôt stable dans ses effectifs (ou en très légère baisse), fût particulièrement médiocre suite aux nombreux échecs constatés.

Il importe donc de maintenir le suivi de ce noyau de population, de l’améliorer, d’analyser et comprendre les diversités géographiques, et particulièrement les problématiques d’échec…, et pour cela, assurer en plus du suivi de l’espèce, le suivi de son habitat, et informer des divers contextes écologiques, des usages des milieux…

Dans le cadre du nouveau plan national d’actions, dans un contexte contraint où les ressources humaines et financières sont difficilement mobilisables, il faudra pourtant développer les outils d’analyse afin de prioriser et adapter au mieux les actions conservatoires, il faudrait prioriser les actions de conservation sur les secteurs et les sites où les taux d’échec sont supérieurs ou égaux à 50%, ils sont nombreux.

fig.3 Évolution des effectifs de la population nord –pyrénéenne – 1999-2018

fig.4 Tendance évolutive – Productivité et Succès de reproduction – Pyrénées 1999-2018

fig.5 Tendance évolutive Productivité Noyaux de population Pyrénées et Sud-est

fig.6 Tendance évolutive – Succès reproduction Noyaux de population Pyrénées et Sud-est

4.           Suivi des dortoirs en Pays Basque.

Aucun nouveau dortoir n’a été découvert sur l’ensemble du Massif. Les seuls dortoirs distants chacun de 7kms sont connus sur ce versant des Pyrénées, en Pays basque, ils constituent une même entité puisque les oiseaux occupent l’un et/ou l’autre avec des mouvements observés de l’un à l’autre.

Même, s’il reste occasionnellement occupé, le dortoir historique D1 est de moins en moins utilisé (les nombreuses perturbations anthropiques en sont la cause majeure).

Dans le cadre des opérations de police de l’Office de la Chasse et de la Faune Sauvage, il est normalement procédé à minima à deux visites mensuelles avec dénombrement des effectifs selon les classes d’âge. Dans le cadre des opérations de capture pour pose de balises, le suivi est également mené par des visites nombreuses et régulières de membres de l’association SAIAK auxquelles peuvent être ajoutés les contrôles réalisés par les pièges photos.

Durant la saison, il y eut 15 dénombrements simultanés avec des observateurs sur chacun des deux dortoirs (fig.7a).

fig.7a Effectifs 2018 par décade (comptage simultané dortoirs D1 & D2)

Le comptage de fin juillet (26/7) constitue donc la valeur maximale pour l’année 2018 reportée ci-dessous dans l’histogramme des maxima annuels (fig.7b).

Tout au long du long du printemps, une quinzaine d’oiseaux étaient présents, avec une remontée des effectifs dès Juillet pour une présence maximale jusqu’à mi-Août. A noter l’observation tardive d’un juvénile le 24/09.

fig.7b Effectifs maxima et période (Année 2005 à 2018)

Depuis le début des années 2010, les effectifs n’atteignent plus les maximales de la décennie précédente (68-78) mais sont désormais plus proches d’une quarantaine d’individus avec un pic de présence maximale plutôt dans la dernière décade de Juillet et début Août.

5.               Récupération d’oiseaux et relâchés.

Dans les Pyrénées, aucune récupération d’oiseau en détresse n’a été réalisée en 2018.

Le centre de soins Hegalaldia a relâché un oiseau récupéré en Septembre 2018 sur le dortoir D2 (18/04). Bagué, il n’a pas été contrôlé durant la saison.

Un jeune de l’année 2017 bagué dans les Grands Causses récupéré à l’automne et ayant passé l’hiver au Centre de sauvegarde de la Faune sauvage de Millau (12) a été relâché, équipé d’une balise GPS au printemps 2018.

Un jeune de l’année bagué dans la Drôme (site 26E1) a été récupéré quelques jours après son départ migratoire dans le département du Vaucluse. Accueilli et soigné au centre de sauvegarde de la faune sauvage de Buoux (84), il y passera l’hiver et sera relâché au printemps 2019.

6.      Mortalité  –    Nécropsie et Analyses toxicologiques.

En 2018, aucun oiseau mort n’a été récupéré, en conséquence aucune nécropsie et analyse toxicologique sur cette espèce n’a été réalisée. Les risques sont malgré tout importants, je renvoie au rapport annuel Vigilance-Poison réalisé par le Dr Lydia Vilagines qui compile et interprète les données d’analyses (Vautours, milans royaux)

7.            Le vautour percnoptère en France. Bilan 2018. Evolution et tendances.

Le Plan National d’Actions Vautour Percnoptère piloté par la DREAL Nouvelle Aquitaine a déterminé deux coordinations de suivi. Pour les Pyrénées, Nature en Occitanie assure ce travail sous la responsabilité du rédacteur de ce bilan. Dans le Sud-Est, elle est à nouveau confiée au Conservatoire des Espaces Naturels – Provence Côte d’Azur sous la responsabilité de Cécile Ponchon. La DREAL m’a également missionné pour le bilan national et l’animation des programmes techniques et scientifiques (baguage – télémétrie…).

Dans ce cadre donc, ici sont compilées les données des Pyrénées (détaillées dans ce rapport) et les données du Sud-est (détaillées dans le bilan réalisé par Cécile Ponchon). Les bilans baguage et suivis télémétriques ont fait l’objet d’un rapport spécifique transmis préalablement.

Dans le Sud-est de la France, 20 couples territoriaux ont été contrôlés en 2018. Avec un couple supplémentaire, durant ces 3 dernière années, les effectifs sont quelque peu restaurés sans pour autant atteindre les maximales du début des années 2010 (n=22 en 2011).

Pour 19 couples reproducteurs, 15 couples ont été producteurs de 17 jeunes à l’envol.

La productivité (0,85) est nettement au-dessus de la moyenne des 20 dernières années (P moy

=0,77 ET=0,16 n=369 couples territoriaux). Le succès de reproduction (0.89) est légèrement au- dessous de la moyenne de la même période (Srmoy =0,91 ET=0,18 n=314 couples reproducteurs / 279 jeunes à l’envol).

Le taux d’envol (n=1,13) est meilleur que l’année précédente (pour rappel, fait exceptionnel, il n’y eut aucun double-envol en 2017 dans ce noyau de population) mais en dessous de la moyenne bi-décennale plutôt forte pour ce noyau de population (Tx moySE =1,23 ET=0,16) comparé à la valeur pyrénéenne (Tx moyPY =1,10 ET=0,05).

Le noyau de population du Sud-est retrouve donc l’effectif moyen des 10 dernières années (n=18,8 ET=1,9) avec quelques nouvelles encourageantes en 2018 (succès de reproduction du couple dans la Drôme après 3 années nulles – Second couple reproducteur dans le Gard, couple territorial supplémentaire dans l’Hérault…)

Pour autant, cette population plus méditerranéenne demeure toujours aussi fragmentée, avec plusieurs couples assez isolés fidèles à leurs sites de reproduction.

Le tableau ci-dessus synthétise l’état de la reproduction des deux noyaux de population et permet de comparer les paramètres de reproduction dans les deux zones.

  2018 Nombre Couples territoriaux Nombre couples reproducteurs Nombre couples producteurs Nombre jeunes à l’envol   Productivité Succès Reproduction Taux d’envol
SUD-EST 20 19 15 17 0,85 0,89 1,13
PYRENEES 69 59 35 36 0,52 0,61 1,03
FRANCE 89 78 50 53 0,60 0,68 1,06

La distribution de la population du vautour percnoptère en France (nombre de couples territoriaux par département) montre à la fois les secteurs les plus denses (Pyrénées-occidentales) et les zones fragmentées à faible effectif. Les flux entre les différents noyaux de populations, même s’ils ne sont pas nuls, sont probablement assez faibles. Les contrôles d’oiseaux marqués issus d’Espagne ou d’un autre noyau de population française sont rares.

Dans la dernière décennie, les effectifs sont plutôt stables (minimale 85 couples territoriaux en 2016 – maximale 93 en 2013) pour une moyenne proche du nombre de couples présents en 2018. (fig. 9). Après une progression observée dans la première décennie du siècle, puis un tassement de progression, voire une légère décroissance jusqu’à 2016, l’effectif national est fixé ces deux dernières années autour de 90 couples territoriaux. Le monitoring permet de constater une variabilité importante quant au nombre de couples reproducteurs et de jeunes à l’envol.

8.         Programme de baguage et Suivi télémétrique.

Un bilan national a été transmis à l’ensemble des partenaires et opérateurs du PNA. Nous ne reprendrons ici que quelques éléments synthétiques. Pour davantage d’informations sur la distribution des baguages des secteurs pyrénéens ou du Sud-Est, les contrôles, les suivis télémétriques, etc. nous renvoyons à ce bilan spécifique (Programme de Baguage et Suivis télémétriques du Vautour percnoptère en France – Bilan 2018). Il reste à disposition.

Donc, pour un rappel succinct, dans le massif des Pyrénées, en 2018, 12 poussins ont été bagués à l’aire (soit près d’un tiers des jeunes à l’envol) et un adulte équipé d’une balise pour suivi télémétrique. Dans le Sud-Est, tous les jeunes de l’année ont été bagués. Soit un cumul de 30 oiseaux dans l’année.

Au total, depuis 2006, 161 oiseaux ont été bagués dans les Pyrénées dont la très grande majorité au nid, et depuis 2012, sur ce même programme de baguage, 90 oiseaux du Sud-Est, soit un cumul de 251 percnoptères. 61 oiseaux ont été contrôlés au moins une fois. 4 ont été équipés de balises GPS et ont permis quelques premiers résultats pour la connaissance du domaine vital, voies migratoires, zones d’hivernage des oiseaux issus de notre territoire…

9.         Perspectives.

En 2019, au-delà des suivis naturalistes toujours indispensables au suivi de reproduction, nous devrions équiper davantage d’oiseaux avec des balises GPS pour mieux connaître l’occupation des territoires, les risques encourus sur les zones fréquentées, l’occupation et comportements des oiseaux fréquentant les dortoirs pyrénéens… Bien que nous connaissions la difficulté de capturer des adultes, désormais plusieurs équipes dans le territoire (Pays basque, Béarn, Gard) ont vécu toutes ces vicissitudes. Pour autant, elles sont prêtes à redoubler de patience et d’efforts pour parvenir aux buts visés. Au-delà des stricts objectifs de connaissance, ces éléments seront essentiels pour une meilleure adéquation des mesures conservatoires.

Après une longue genèse, cette année verra la mise en place du portail web national PNAO https://pnao.geomatika.fr/l permettant la saisie des observations (à l’aire et hors-aire). Au-delà de l’intégration des données, l’outil permet la gestion des ZSM (zones de sensibilité majeure) : périmètres activés ou désactivés selon la présence de l’espèce, et fournis aux gestionnaires de l’espace par la DREAL afin qu’ils prennent des mesures de précaution dans leurs activités potentiellement dérangeantes (évitements de survol, reports de travaux forestiers, de maintenance de lignes, etc.)

10.     Parutions récentes.

Nous ne rapporterons plus dans la synthèse annuelle l’ensemble des articles, notes, bilans… publiés chaque année (cette liste devient très importante). Toute personne intéressée par la bibliographie pourra se reporter aux sites de recherche ou listes de discussions spécialisées sur l’espèce, sur les vautours, … ;   quelques-uns parmi ceux-ci :                                                                                                        https://www.researchgate.net/ ; https://www.4vultures.org ; http://www.rupis.pt/en/ ; http://www.lifeneophron.eu/ ; Vulture- Conservation@yahoogroups.com, life-egyptian-vulture@googlegroups.com

12.    Liste des observateurs pyrénéens.

SAIAK : François Laspreses, Javier Vasquez, Beñat Iribarne, Ximun Changala, Jean-Paul & Ashley Serre, Luc Gonzalez, Serge & Josette Raoult, Jean Curutcharry, Michel Clouet, Alain Pagoaga, Jean- Louis Semeteys, Francis Lartigau, Nicole Gouadon, Adam Wentworth, Isabelle Rebours,

LPO Aquitaine groupe Pyrénées-Atlantiques: Jean-Claude Allemand, Martine Lachal, Eugène Reinbergé, Pierre Lurdos

ONCFS : Jean-Bernard Etchebarne, Christian Minvielle-Debat, Stéphane Duchateau, Julien Franot, Joel Zueras, Frédéric Uberall, Michel Clemente, Lionel Lacharnay, Angèle Pialot, Laurent Boudrières

GEOB: Henri Sérisé, Jean-Paul Basly, Michel Chalvet, Serge & Josette Raoult, Alain Anton, Geoff & Jenny Bostock, Paul Manzano, Dominique Vileski

Parc National Pyrénées : Jérémie Bauwin, Francis Chavagneux, Jérôme Demoulin, Nicolas Lafeuillade, Gautier Chasseriaud, Jocelyn Bordeneuve, Franck Mabrut, Laurent Nedelec, Didier Peyrusque, Christian Plisson, Patrick Nuques, Anne-Marie Laberdesque, Yannick Bielle, François
Soubielle, Christophe Andre, Guy Lonca, Muriel Lescoulès, Claire Acquier, Etienne Farand, Alain Riffau, Manon Vallin, Hugo Chilet, Sarah Cessé, Théo Laffaire, Thomas Larché, Germain Besson, Dominique Oulieu

Réserve Naturelle Volontaire du Pibeste : Damien Lapierre,

Nature Midi Pyrénées : Patrick Harle, Martine Lapène, Dominique Portier, Nathalie Loubeyres, Paulette Beaupère, Valérie Durand-Cognet, Christian Barat, Thomas Buzzi, Ghislain Riou, Nicolas Bourcy, Sylvain Frémaux, Philippe Tirefort, Danièle Peltier, Baptiste Barathieu, Denis Rousseau, Lydia Vilagines, Jean Joachim, x. Brisse, Benjamin Bouthillier, Jean-Philippe Thelliez, Thomas Matarin, Erick Kobierzycki

Pays de l’Ours Adet : Adrien Dérousseau, Thibault Gelis, Antonin Guilbaud, Marine Lefetz, Thierry X, Cyril X, John & M-P Woodley, Franck Dai Prama, Alain Reynes, Christian Chanfreau

ONF réseau Avifaune : Patrick Harle

ANA : Julien Vergne, Julien Garric, Corelia Pratx, Myriam Gonzales, Romain Breton, Elodie Corradini, Marie Fretin, Adam Wentworth,

LPO Aude :, Yves Lazennec, Jonathan Kemp, Claudine Manchion, Christian Riols, Yves Roullaud, Matthieu Vaslin, Joe Terrier, Romain Riols, R. Debel, T. Lengagne, S. Albouy, F. Terrier

Groupe Ornithologique du Roussillon : André Fonteneau, Lionel Courmont, Jean-Claude Liench, A. Chaillou, S. Roques, Fabien & L. Gillot, P. Devoucoux, M. Aubry, G. Escoubeyrou, M. Daub

Fédération des Réserves Catalanes : Olivier Guardiole,

Et également

ONF : Francis Rachou-Langlatte, Philippe Cardot

LPO Mission Rapaces : Martine Razin, Vadim Heuacker, Aurélie de Seynes, Jean-François Terrasse Nature en Comminges : Joel Duvernay

HEGALALDIA : Stephan et Céline Maury, Mikel Esclamadon ACCA et/ou FDC 31 : François Martin,

Et plusieurs observateurs non affiliés à des structures (ou affiliés à plusieurs, ou que je n’ai su ‘’ranger’’, mais là n’est pas l’essentiel)

Dolorès Leguiader, Maurice Gravie, Louis Labourdet, Dominique Rannou, x Schulthess, E. Dominique, Dominique Meineinger, Jacques Laurens, Patrice Delaigue, Antoine Billerach, André Berneitex, Christophe Chambolle, Hubert Calmels, Lea Fertsler

Cette liste n’est certainement pas complète, elle est constituée à partir des informations transmises par les coordinateurs locaux, les fiches et mails reçus. Il est donc possible que certaines personnes aient été oubliées dans cette liste, et je les prie de m’excuser. Chacun(e) est cité(e) quel que soit son investissement personnel, professionnel, qu’il ait transmis une seule observation ponctuelle ou bien qu’il ait été en responsabilité de suivi de plusieurs sites (avec des centaines d’heures et des milliers de kilomètres parcourus)

Je n’omets pas de remercier tous les observateurs qui ont fait l’effort de remplir les fiches (je sais la tâche ingrate.

Au terme de cette année et de ce bilan, nous sommes en mesure d’établir un bilan du temps d’observation consacré sur l’ensemble de la zone pyrénéenne.

  TOTAL Pyrénées 2018
  Nombre secteurs contrôlés   102
  Nombre observateurs   150
  Nombre de visites sites   912
Pression d’observation (nombre d’heures minimal)   1939

La pression d’observation correspond donc à environ 277 journées/homme à minima

pour 69 couples suivis sur 102 secteurs contrôlés.

Ce chiffre est largement sous-estimé, car il n’est pas rare, durant une visite ou une prospection, que plusieurs observateurs soient sur des postes différents, et pour autant une seule période a été comptabilisée.

Ces données n’intègrent pas les temps de contrôle des deux dortoirs (au minimum 36), l’investissement considérable consacré par les agents du PNP, SAIAK pour l’affût, la capture pour équipement de balise.

Au-delà de la pression d’observation, pour mesurer précisément le temps d’investissement, il faudrait, au nombre d’heures indiqué cumuler les temps de déplacement véhicule, les durées d’approche jusqu’aux points d’observation (quelquefois plusieurs heures pour une visite).

Il faudrait ajouter le temps important consacré à l’apport des carcasses, au suivi et à l’animation du réseau de placettes dans les deux départements orientaux du Massif. Il faudrait aussi cumuler le temps consacré par tous les coordinateurs locaux bénévoles ou professionnels cités dans le premier chapitre. Au-delà du suivi et de la coordination, ils sont largement impliqués dans les mesures de conservation.

Enfin, il serait nécessaire de cumuler le temps nécessaire au baguage (préparation et activité des bagueurs et cordistes), les rencontres utiles et amicales entre les opérateurs, ainsi que le temps bénévole du coordinateur Massif qui a cessé de compter.

Je remercie toutes les personnes impliquées dans le suivi de la reproduction et les diverses opérations menées pour la connaissance et la conservation du Vautour percnoptère sur ce versant du massif pyrénéen.

Je termine en remerciant Pascale Mahé, directrice de Nature en Occitanie (ex Nature-Midi-Pyrénées) et Sylvain Frémaux chargé de mission Rapaces dans cette même association pour le soutien apporté et leur volonté d’assurer, à mes côtés, la coordination du volet Connaissance du PNA dans les Pyrénées.

Je remercie également tous les observateurs du réseau Sud-est et particulièrement Cécile Ponchon (CEN PACA) qui assure l’animation de la coordination sur cette vaste région et en synthétise les résultats (cf. Bilan de la saison de reproduction du Vautour percnoptère dans le sud-est de la France – Année 2018). L’ensemble des données du réseau national permet ainsi de présenter ici un bilan cumulé des deux noyaux de population et la tendance nationale sur près de deux décennies.

Nos remerciements vont également à la DREAL Nouvelle-Aquitaine et plus particulièrement à son chargé de mission Luc Albert, pour son écoute et son implication, les subventions de l’Etat aux coordinations techniques.

Les réseaux de suivi pyrénéens et méditerranéens sont remarquables, depuis plus de vingt ans, ils assurent un monitoring continu, important et quasi exhaustif des deux noyaux de population présents sur le territoire national, avec de faibles ressources financières ; même si ici ou là, il peut y avoir quelque lassitude, manques de relève, et insuffisances de ressources humaines. Malgré les difficultés, l’enthousiasme et le plaisir sont toujours là.

  Erick KOBIERZYCKI Coordination Vautour Percnoptère 19, rue de la Poste 64800 Bruges – 0559710485 / 0614823182 Courriel : erick.kobierzycki@wanadoo.fr

Quelques rappels sur l’espèce par Jean Paul BASLY adhérent du GEOB

Oiseau sacré entre tous dans l’Egypte antique pour son rôle symbolique de purificateur, le Percnoptère est le plus petit des vautours. On le reconnaît aisément à sa coloration particulière, un corps blanc plus ou moins lavé de jaunâtre sur lequel ressortent fortement les rémiges noires qui lui ont valu son nom d’espèce (« aile noire »). De près, sa face déplumée jaune à orange, encadrée par un toupet de plumes blanches, est caractéristique. Le régime alimentaire opportuniste du percnoptère est unique parmi les vautours : majoritairement nécrophage, il est aussi coprophage et éventuellement prédateur d’insectes ou de petits vertébrés (Elosegi, 1989, in Gallardo et Penteriani, 2002). Sa petite taille et la morphologie de son bec trop fin pour inciser le cuir des mammifères lui confèrent un rôle particulier lors de l’équarrissage, où il se contente des parties restant après la curée d’autres nécrophages. Le caractère coprophage du percnoptère est remarquable par son importance dans le régime de l’oiseau, et serait une source importante de caroténoïdes lui conférant sa couleur faciale et jouant un rôle dans la sélection sexuelle (Negro et al., 2002).

Les couples seraient unis à vie (Cramp et Simmons, 1980) et semblent déjà formés lors de l’arrivée des migrateurs sur les sites de reproduction. Le Percnoptère consacre 5 à 6 mois dans l’année à sa reproduction, pour laquelle une partie de la population subsaharienne migre en Europe. Il arrive dans les Pyrénées en début mars, et la ponte a lieu environ un mois plus tard, début avril. Succédant aux parades aériennes, les accouplements ont lieu majoritairement pendant le mois de mars. On notera que leur fréquence s’intensifie quelques temps avant la ponte, de même que la présence du mâle auprès de la femelle. L’aire est généralement installée dans une fissure ou grotte abritée par une corniche et orientée au sud ou à l’est et souvent réutilisée chaque année (Gallardo et Kobierzicky, 2004). L’aire de répartition du Vautour percnoptère est actuellement très fragmentée : ce vautour ne subsiste plus que dans la moitié nord de l’Afrique, a pratiquement disparu du Moyen-Orient, et se rencontre encore dans le sud de l’Europe où il a connu un recul très important. En France, l’effectif total de couples reproducteurs est estimé à environ 69-75 (Thiollay et Bretagnolle, 2004), inégalement répartis en 2 aires bien distinctes. La population pyrénéenne est de loin la plus importante avec 54-60 couples, dont 52 seraient reproducteurs. Cette population est à rattacher à la population espagnole, beaucoup plus importante et approchant les 1400 couples, mais dont les effectifs ont chuté de 27% ces dix dernières années (Gallardo et Penteriani, 2002). Le noyau méditerranéen, estimé à 15 couples dont 14 reproducteurs, est plus fragile encore, malgré le programme LIFE visant à sa réintroduction et à sa protection (Gallardo, 1999, in Gallardo et Penteriani, 2002). Le Vautour percnoptère est inscrit à l’Annexe I de la Directive Oiseaux 79/409 CEE de l’Union Européenne relative à la conservation des oiseaux sauvages. Il fait donc partie des espèces devant faire l’objet de mesures spéciales de conservation. Il est inscrit à l’Annexe II de la Convention de Berne dont l’objectif est d’assurer la conservation des espèces sauvages et de leurs habitats en Europe, en particulier les espèces migratrices. En France, le Vautour percnoptère est protégé par la loi du 10 juillet 1976 (arrêté d’application du 17 avril 1981), comme tous les rapaces. L’espèce est considérée comme menacée à l’échelle européenne, et vulnérable en France (Gallardo et Kobierzicky, 2004).

Mode d’emploi à l’usage des observateurs

Caractères généraux :

Ildoit tenir compte de deux paramètres, lumineux (éviter le contre-jour) et spatial (choisir un point de vue à la fois panoramique, permettant d’anticiper arrivées et départs de l’oiseau, et le plus plongeant dans l’aire possible)

 3 à 4 h d’observation continue sont nécessaires avant de pouvoir commencer à avoir une certitude…qu’il faudra confirm

Le matin dès le lever du jour (à leur départ, très variable, s’échelonnant de 7H à 10H) et en  fin d’après-midi.

Les autres observations dans la journée sont plus aléatoires, sauf en période de nourrissage où les allers-retours sont plus scandés.

Observation proprement dite

Périodes Objectifs de l’observateur Comportements significatifs liés aux objectifs Autres remarques ou comportements notables
Arrivée du percnoptère  (de début mars à mi-avril) – S’assurer de l’occupation du site et du cantonnement du couple (site, aire). Un couple occupe la plupart du temps l’aire  de l’année précédente. Si une aire est avérée désertée vers le 15 avril, chercher dans le site (1 à 2 km alentours, altitude de l’aire  de 500 à 1200 m). -Noter, dans le cas d’un changement d’aire, si l’ancienne est occupée (vautours fauves, grands corbeaux, faucon pèlerin etc.). – Noter tous les évènements visuels ou auditifs pouvant perturber l’installation de l’oiseau  ( harcèlements d’autres occupants du lieu tels faucons pélerins et grands corbeaux, chantiers, activités de loisir diverses dont escalade, passages hélicoptères etc.) -Parades (vol en feston, piqués) -Restauration  de l’aire, apports de matériaux* (1) -Accouplements*(2) durant quinze à vingt jours  (dans un périmètre d’1 à 3 km autour de l’aire), commencent un mois environ après l’arrivée et cessent dès que la femelle commence ponte et couvaison*(3) -Arrivée la plus précoce en Béarn :  27 février.  – Dès leur arrivée, présence assez fréquente dans le site, intense activité avec vols de longue durée.    
Ponte (du 10 au 25 avril) et couvaison (42 J) -S’assurer que la reproduction est en bonne voie. -Noter tous les évènements,   visuels ou auditifs, pouvant perturber la nidification  (harcèlement par d’autres espèces, chantiers, activités de loisir diverses dont escalade, passages hélicoptères etc.) – Individu en position de couveuse (lorsque l’intérieur de l’aire est visible). Discrimination sexuelle peu aisée (plumes dressées sur crâne pour le mâle ?*(4)  -Relèves (remplacement plus ou moins long de l’individu couvant, souvent la femelle  *(5) -Défense du territoire  (en attaquant gypaète et surtout grand corbeau, son rival préféré) -Période ne donnant pas lieu à de nombreux mouvements – Le comportement des adultes durant la relève est très variable selon les couples : l’individu couvant pouvant quitter l’aire avant l’arrivée du relayeur, celui-ci pouvant opérer une promenade de quelques minutes à quelques secondes.
Eclosion des œufs  (de fin mai à mi-juin)  et  Nourrissage (de 70 à 90 jours) -S’assurer que la reproduction est réussie -Compter le nombre de jeunes (souvent un seul)*. -Noter tous les évènements, visuels ou auditifs, pouvant perturber l’élevage (chantiers, activités de loisir diverses dont escalade, passages hélicoptères etc.) – Grande fréquence des visites dans l’aire avec apport de nourriture par  le couple. Observer le bec à son arrivée à l’aire*.(6) -Durant les 15 premiers jours, présence permanente d’un adule dans l’aire et le site – Jeune visible (cas des aires abritées du regard) au bord de l’aire vers la  huitième semaine environ   – Période d’intense activité. -Comportement mâle et femelle serait différent (la femelle restant plus longtemps près du jeune, le nourrissant en dépeçant-  régurgitation rare – le mâle restant peu de temps se limitant à déposer sa “proie” avant de repartir ) -Durant cette période, si le couple passe son temps à tourner dans le site,  un échec est probable : une observation continue de trois heures sans passage d’adultes dans l’aire le confirmera.  
Envol du jeune (du 25 juillet au 30 août) – S’assurer de la réussite de l’envol -Noter tous les évènements, visuels ou auditifs, pouvant perturber  l’envol (chantiers, activités de loisir diverses dont escalade, passages hélicoptères etc.) -Avant l’envol, le jeune se déplace dans et au bord de l’aire, bat des ailes, effectue sauts et petits vols brefs si l’aire est suffisamment vaste – Après l’envol, reste dans le site une quinzaine de jours, vols courts allant s’amplifiant. (juvénile nourri encore une quinzaine de jours après l’envol)* (7) – Le jeune se sépare progressivement des parents avant la migration qu’il n’effectue pas nécessairement avec eux, cela vers la mi-septembre -Présence des adultes dans le site avec vol fréquents dans les derniers jours qui précèdent l’envol. – Si les adultes ont un comportement inhabituel, que le jeune n’est pas visible dans le site dans les premiers jours suivant son envol, ce dernier peut avoir chuté alentours. Une observation sur deux ou trois jours est nécessaire pour accréditer la réussite ou l’échec de l’envol (les adultes vont nourrir parfois le jeune dans sa situation inconfortable)
Départ du percnoptère (du 8 au 15 septembre) – S’assurer que le site-aire n’est plus visité. – Les adultes, jusqu’à leur départ, continuent à occuper le site au moins pour y passer la nuit sur des vires ou arbres morts proches de l’aire. Une exploration du site deux soirs ou deux matins consécutifs confirmera l’hypothèse de leur départ. – Les départs les plus tardifs notés : 14 septembre

* (1 )AccouplementsDans ce dernier cas, les accouplement peuvent avoir lieu à une distance variable entre 1 200 et 3 000 mètres du nid (Donázar et al,. 1994). Ils se produisent sur des rochers, à terre, près de l’aire, dans un endroit choisi par la femelle (La Rotonda et Mirabelli, 1981). Ils ne durent que quelques secondes. Aucun cérémonial n’a été décrit ou observé avant l’accouplement en nature (Elosegi, 1989) (mais bec à bec à l’initiative du mâle et lissage de plumes noté après l’accouplement sur un site de la vallée d’Ossau en 2010) alors qu’il semble relativement développé en captivité (Bertagnolio, 1996, 1997),

 * (2) Construction de l’aireLes deux adultes apportent divers éléments (branches, laine, débris divers) surtout dans leur bec, parfois aux serres, qu’ils recherchent dans les environs immédiats du site de nidification (Levy, 1990a). Ces apports de matériaux à l’aire peuvent avoir lieu pendant l’incubation et même après l’éclosion (Renaudin et al., 1984), souvent tout au long de la période de nidification (Levy, 1990a). L’aire est donc un amoncellement d’objets divers sur lequel sont pondus les œufs. De façon générale, l’aire est constituée d’un ensemble de brindilles et branches sur lesquelles s’entassent fragments de laine, bouses sèches, papiers, ficelles, peaux de serpents, etc. (Brosset, 1961 ; Géroudet, 1964a ; La Rotonda et Mirabelli, 1981 ; Elosegi, 1989 ; Cortone et Mordente, 1997). L’aire est construite par les deux membres du couple sur une période variant de seulement quelques jours à plusieurs semaines de la ponte (Levy, 1990a). Le Vautour percnoptère pond en général 2 œufs (Heim de Balzac, 1952 ; Canut et al., 1988), parfois 1. Des pontes de 3 œufs ont été signalées (Brown et Amadon, 1968). Les œufs sont pondus à 3 – 4 jours d’intervalle (Dement’ev et al., 1966 ; Brown et Amadon, 1968), bien que cet intervalle puisse atteindre 8 jours (Mendelssohn et Leshem, 1983b).

*(3) CouvaisonCortone et Mordente (1997) observent que la femelle assure la totalité de la couvaison pendant la 1ère semaine. De la 2ème à la 4ème semaine , le mâle couve seulement le matin, pendant un temps variable de 20 à 25% du temps total de couvaison, alors qu’à partir de la 4ème semaine c’est lui qui assure la plupart de la couvaison : 30% du temps de couvaison le matin, 90% pendant l’après-midi. La femelle se charge de la plupart des nourrissages (12 par jour en moyenne) alors que le mâle contribue à l’essentiel des apports de proies à l’aire (2 par jour en moyenne) (Renaudin et al., 1984 ; Levy, 1990a ; Carlon, 1989 ; Cortone et Mordente, 1997). Le mâle nourrit le jeune essentiellement à partir de son 40ème jour d’âge (Levy, 1990a). La durée des nourrissages varie suivant la croissance des poussins et ceux-ci ont généralement lieu à partir de la fin de la matinée (Renaudin et al., 1984). Carlon (1989) remarque que l’on peut considérer une moyenne journalière d’une visite toutes les deux heures entre 7 et 17 heures en juillet et août (période pré et post-envol).

*(4) Dimorphisme sexuel Une bande sombre (voire noire) sur la peau nue de la tête des mâles semble être le seul caractère distinctif entre les sexes (Levy, 1990a ; Bertagnolio, 1996, 1997) ; ce caractère semble être présent seulement en été (Bertagnolio, 1996, 1997). Il a été supposé que la couleur de l’iris pourrait être un caractère permettant d’identifier les sexes, l’iris des mâles étant plus sombre et brun (à cause du taux de mélanine) par rapport à celui rose-brun de la femelle (Bertagnolio, 1996, 1997). Pendant la période reproductive, le mâle est identifiable de la femelle grâce à ses plumes lancéolées presque toujours dressées sur la tête (Bertagnolio 1996, 1997).

*(5) Relèves :Les relèves sont généralement assez rapides : l’individu à l’aire décolle dès que l’autre partenaire se pose, ou même avant l’atterrissage de ce dernier (Renaudin et al., 1984, in Gallardo et Penteriani, 2002). On ne trouve aucune mention précise de comportement de « soins aux oeufs » dans la littérature du percnoptère mais le retournement des oeufs par l’adulte couveur est évoqué dans un suivi de reproduction (Veau et Mure, 2005)”… Par contre une différence de « priorité » au nid est parfois observée : la femelle peut refuser les relèves du mâle et rester au nid. Si le mâle se pose alors au nid, il se fait repousser par la femelle. Des relèves écourtées ont aussi été observées, lors desquelles la femelle part à la relève mais revient quelques minutes après et pousse le mâle hors du nid…Il est intéressant de relever que les différences de comportement lors des relèves sont principalement le fait des femelles. Les observations montrent en effet une sorte de « priorité » des femelles à la couvaison et à l’élevage.

* (6) Nourrissage : Le poussin est nourri par les adultes, rarement par régurgitation comme chez les autres vautours, mais plutôt par lacération en petits morceaux.  En France, l’envol a lieu en août, mais les parents continuent de nourrir le juvénile pendant un certain temps (Elosegi, 1989, in Gallardo et Penteriani, 2002). La fréquence de ce nourrissage diminuera progressivement jusqu’à ce que le juvénile se sépare de ses parents, peu avant la migration de retour, en mi-septembre (Carlon, 1989, in Gallardo et Penteriani, 2002)”.

* (7) Envol Le séjour au nid des jeunes dure environ deux mois et demi : Rodriguez et Balcells (1968) signalent un premier envol à 77 jours, Mendelssohn et Leshem (1983b) le signalent entre 69 et 77 jours, Ceballos et Donázar (1988b) entre 70 et 80 jours, alors que Cramp et Simmons (1980) donnent une fourchette de 70 à 90 jours. Levy (1990a) note un âge moyen de 73 jours, avec une étendue possible de 71-77 jours. Dans les Pyrénées et en Provence, l’envol se situe en général pendant le mois d’août (Thiollay, 1966 ; Elosegi, 1989), parfois en septembre et exceptionnellement en juillet (Thiollay, 1966 ; Pompidor, 1984). Gallardo (2000) a noté dans le Luberon, une date exceptionnelle d’envol d’un jeune en fin juin, pour un couple arrivé et reproduit  très tôt en saison et très lié aux aires de nourrissage mis en place par le Parc naturel régional du Luberon.  Carlon (1989, 1998) signale le 20 août comme la date moyenne d’envol pour les Vautours percnoptères des Pyrénées-Atlantiques (valeurs extrêmes : 08/08 – 29/08) ; plus à l’est, dans les provinces basques, il apparaît que les envols sont légèrement plus avancés (Carlon 1989).

* Sources : – « Plan national de restauration du vautour percnoptère en France » par Max Gallardo et  Vincenzo Penterian (2007) – Site « Rapaces-LPO vautour percnoptère » – « Suivi comportemental des couples de percnoptères de la réserve naturelle régionale massif du Pibeste (Master 2) » par Olivier Durbin (2006)